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Tapebicua

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De la grande ville...

Au tout début, nous traversons l’un des ponts reliant l’Uruguay à l’Argentine, le frontière n’est qu’une formalité, le véhicule n’est même pas fouillé.

L’argentine...

Imaginez des kilomètres de route droite. Nous roulons à travers d’immenses pâturages où se côtoient vaches, chevaux et moutons. Parfois quelques forêts viennent agrémenter la monotonie de ce paysage plat. La terre est rouge, d’un rouge profond et vif à la fois. Une terre poussiéreuse sous un soleil impitoyable. Parfois des incendies spontanés brûlent les herbes rases des pâturages, libérant une fumée dense dans ce ciel sans nuage. C’est impressionnant de voir courir des flammes minuscules à travers l’herbe rase, elles se propagent rapidement. Nous nous demandons comment font les animaux pour ne pas se brûler les pattes. Et comment s’arrêtent ces incendies.

Nous nous arrêtons dans une première grande ville organisée en blocs, comme à Montevideo. Elle pourrait être agréable cette ville s'il n’y avait pas des déchets partout sur l’herbe qui borde les rues. Au fil des jours nous croisons plusieurs villes plus ou moins polluées par ces déchets abandonnés. C’est bruyant et il y a peu d’endroits dédiés aux enfants. On est un peu dépités, Charlie aussi. C’est elle qui nous propose de reprendre la route pour trouver un autre endroit avec des jeux. Avec Benoît on se dit qu’elle a raison et qu’on devrait plutôt chercher des villages et nous éloigner de ces villes où l’on ne trouve pas ce que l’on cherche. C’est ainsi que le troisième soir nous décidons de faire un pas de côté en quittant la grande route pour emprunter une des pistes qui s’en échappe.

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... au petit village

Sur le bord de la piste des chevaux broutent l’herbe en liberté, ça nous met de très bonne humeur. Nous croisons de gros camions qui transportent des tonnes de troncs fraîchement coupés. Ils soulèvent des nuages de poussière rouge derrière eux, d’ailleurs nous aussi ! Nous traversons une voie ferrée, des enfants jouent dans les carcasses de wagons abandonnés. Juste à côté un très bel espace de jeux pour enfants nous tend les bras alors nous nous garons… avec un grand soupir de soulagement ! Bienvenue à Tapebicua ! C’est si beau ici sous la lumière du soir ! Et pendant que Benoît reste jouer dehors avec les enfants, je décide de profiter de cette superbe lumière pour aller photographier les vaches dans leur pré.

« Holà, señora ! » / « Bonsoir madame ! »

« No hablo español. » / « Je ne parle pas Espagnol. »

Un monsieur et sa femme m’apostrophent. Ils ont l’air de me souhaiter la bienvenue. Visiblement mon manège avec mon appareil photographique les intrigue. Il a l’air de me dire que c’est beau tout ça et que j’ai raison de prendre des clichés. Je n’en suis pas sûre mais on dirait qu’il m’encourage à continuer. J’ai l’impression qu’il me demande aussi d’où je viens et ce que je fais là. Je lui montre le camping-car et réussi à lui expliquer que là bas il y a quelqu’un qui parle espagnol, que je vais continuer de prendre des photographies et que je reviendrai ensuite avec celui qui parle espagnol. Il a l’air de comprendre. Il me salue et retourne boire son maté sous son porche avec sa compagne.

C’est comme ça que nous nous retrouvons invités à prendre l’apéro sous le auvent de cette famille, à partager leur repas, à prendre une vraie douche, dormir dans le jardin, goûter leur maté… Les enfants s’éclatent, on ne les voit pas de la soirée. Batailles d’oreillers, course avec les chiens, dégustations de gâteaux. C’est très calme tout à coup. Pas un cri, pas un rire depuis un bon moment. Et puis soudain les filles déboulent dans un éclat de rire avec Gaspard accroché à leur basques. Elles se sont repeint le visage à la gouache et ont fait de même avec Gaspard dans la foulée. Ils sont surexcités et… mort de rire ! Nous aussi :D

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Invités d'honneur

"Vous avez bien dormis ? Vous êtes prêts ? On nous attend à la mairie, le conseil municipal a voté et vous déclare invités d'honneur de Tapebicua. Oh, et ça vous dirait d'aller présenter votre famille et votre camping-car à l'école du village ? Ça ferait plaisir aux enfants !"

"Euuuh... Mais oui ! Avec plaisir ! C'est un honneur, vraiment, merci !"

C'est ainsi que nous nous retrouvons embarqués à la mairie du village, bonjour monsieur le maire, bonjour, bonjour, holà, gracias ! Bonjour les enfants ! Venez, montez, soyez les bienvenues ! Pendant que nous serrons des mains et répondons à la curiosité des uns et des autres, les filles restent jouer dans Baloo, inséparables copines éphémères depuis la veille. Gaspard ne s'éloigne pas de nous, intimidé par tout ces gens qui lui font des sourires et des risettes. En fait si, il s'autorise quelques écarts... juste quelques pas pour aller saluer les chiens qui se reposent à l'ombre des auvents car c'est vraiment trop tentant !

Je ne peux pas vraiment vous retranscrire tout ça. Les cigarettes qui s'enchaînent dans la maison ou dans le bureau du maire, les pommes de terre mélangées aux spaghettiS, les mégots encore fumants jetés sur le sol du salon, les sourires de moins en moins timides, sa fierté lorsqu'il explique notre itinéraire aux autres, il a compté le nombres de pays traversés, la complicité de deux petites filles, les chiens qui vont et viennent au milieu des chevaux, les enfants qui jouent dans un coin de sable, le maté partagé, les pieds nus, les rires, la douche chaude, les papiers de bonbon abandonnés dans le jardin... et leur générosité. Surtout.

Il ne reste plus qu'à embrasser les enfants les plus téméraires, qu'à rendre les sourires et puis partir. En se disant à bientôt peut-être ! Laisser quelques traces de nous dans ce joli village où il fait si bon vivre malgré nos différences et conserver leurs empreintes dans nos mémoires.

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