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Sur les routes d'Uruguay

globe

À peine avons nous récupéré Baloo que nous nous élançons sur les routes d’Uruguay direction l'Ouest ! Il est déjà un peu tard lorsque nous prenons la route mais nous voulons nous éloigner de la ville pour renouer tranquillement avec notre vie de nomades. L’ambiance est électrique dans le camping-car, on chante, on crie bêtement, on rigole, Gaspard pleure un peu au début (après un mois de liberté il a du mal à accepter d’être contraint par son harnais de sécurité)… Nos oreilles prennent cher mais on s’en fiche, c’est trop bon !

Et puis.

Les premiers kilomètres hors de la ville me retournent un peu le ventre. Le pont qui enjambe la rivière nous donne une vue imprenable sur les maisons très rustiques et délabrées construites sur ses berges. Les cinq mètres séparant les maisons de l’eau ne sont en fait qu’une énorme plage de déchets dont je n’aperçois même pas le sol d’origine. Ces gens vivent littéralement dans une énorme poubelle. Stupeur. Les déchets sont-ils charriés par la rivière ? Sont-ils le fait des habitants du voisinage ? Un peu des deux sans doute… Je rumine mon indignation en observant les enfants jouer au ballon sur le bord de la route, l’équivalent d’une autoroute française, aucune barrière de protection. Des familles attendent sur le bas côté pour traverser entre deux voitures. Des promeneurs baladent leurs chiens sur le terre plein central. Des cyclistes pédalent sur la bande d’arrêt d’urgence. J’aperçois des familles entières roulant sur une moto sans aucune protection. Des bébés de l’âge de Gaspard sont calés entre les jambes des conducteurs. Je me sens mal, j’ai peur pour eux. Je ne peux pas m’empêcher d’imaginer notre vie dans ces conditions et ça me retourne un peu. Beaucoup. Pas la pauvreté mais plutôt ce sentiment d’abandon et d’insécurité.

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Le petit village...

Et puis la ville et ses contrastes terribles s’éloigne. Nous roulons, chacun plongé dans ses pensées. Je pointe un village au hasard sur la carte entre Montevideo et Colonia et nous garons Baloo dans une petite rue pavillonnaire tranquille. Juste un point de chute pour passer la nuit. Les voisins sirotent un maté sous leur auvent et nous souhaitent tacitement la bienvenue par un sourire discret. C’est déjà l’heure de fermer les volets pour nous isoler dans notre bulle, de préparer notre premier repas chez nous depuis longtemps, de coucher les enfants… de mettre en branle la petite routine toute bête que l’on attendait de retrouver avec impatience ! C’est tellement bon d’être enfin chez soi !

DEBOUT !

Il est déjà huit heures et les enfants font la zoumba dans le lit parental depuis plus d’une heure ! On se résigne doucement mais sûrement, il est temps d’ouvrir les volets et toutes les fenêtres du camion afin de faire rentrer l’air un peu plus frais du matin. J’enfile un vêtement et ouvre le rabat de la porte d’entrée. Dans son jardin, la voisine lève la tête et me salut avec un grand sourire.

« Holà ! Como estan ? » / « Bonjour ! Comment allez-vous ? »
« Oooooh ! Mi amooooooor ! » / « Oooooh ! Quel amouuuur ! »

« Hay dos ! » / « Mais ! Il y en a deux ! »

Uruguay

... et ses charmants habitants

Les enfants se sont accrochés à la porte et tentent d’observer l’extérieur perchés sur la pointe des pieds avec leur visage barbouillé du matin et leur pyjama tout débraillé. Si Charlie est bien visible avec son menton posé sur ses petites mains, seuls les yeux de Gaspard dépassent sous ses cheveux blonds. Le spectale doit être attendrissant car la voisine nous rejoint toutes affaires cessantes pour nous proposer son aide si jamais nous avons besoin de quoi que ce soit. Ça tombe bien, nous avons besoin de faire le plein d’eau !

Pendant que Charlie partage son temps entre ses aller retours en draisienne, sa cuisine de sable dans le caniveau et la surveillance du remplissage de Baloo, Gaspard s’amuse à charmer la galerie. Il s’avance vers les gens en s’exclamant « ‘la ! » pour holà et repart en disant « tcho ! » pour Ciao, toujours en agitant la main. Il passe une tête curieuse par l’embrasure de la porte de la maison et joue longuement avec le robinet du jardin. Ça amuse beaucoup les voisins ! Des passants s’arrêtent régulièrement pour observer Baloo avec curiosité. On nous fait coucou au passage. La petite ville sans charme que nous avons découverte la veille se transforme petit à petit en une chouette bourgade où il a l’air de faire bon vivre au rythme du soleil. Les jardins sont ouverts, les rues sont peu passantes, l’herbe est verte, les maisons sont simples mais accueillantes, les auvents servent d’abris stratégiques pour siroter son maté à l’abri de la chaleur tout en saluant le voisinage… Ce n’est pas vraiment joli, mais on s’y sent bien !

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