Hey ! On a une chouette page facebook, tu viens ?

Non... laisse moi tranquille, va-t-en !

Petites questions et gros changements

globe

Ça y est, nous avons déposé Xou dans son avion pour le Canada et nous reprenons tranquillement la route direction les montagnes boliviennes ! Celle-ci est plutôt mauvaise, parfois boueuse et les villages que nous croisons sont pauvres et un peu déprimants sous le ciel lourd qui nous écrase. Et puis d'un coup, d'un seul, la montagne nous mange. Coup dur. La douche froide d'une police corrompue nous coupe franchement dans notre élan et une colère noire nous rongera les sangs jusqu'au soir. Cette première journée de montagne est difficile à avaler et notre enthousiasme a fondu comme neige au soleil. Le soir même, nous tentons de nous changer les idées en visitant une jolie petite ville haut perchée dont les ruelles colorées et le marché animé nous enthousiasment mais le cœur n'y est pas. Tant pis pour le zéro déchet, nous nous jetons sur une grosse bouteille de Coca Cola accompagnée de pizza sur-emballées. Nous sommes vraiment sur les nerfs à ce moment là et c'est tout simplement une question de survie !

BolivieBolivie
BolivieBolivie
BolivieBolivie
BolivieBolivie
BolivieBolivie
BolivieBolivie
Bolivie

L'épuisement

J'ai déjà écrit un article sur le sujet de la corruption. A partir de ce jour et suite à vos nombreuses réactions de soutien, j'ai commencé à évoquer sur les réseaux sociaux notre épuisement et notre envie de plus en plus forte de mettre fin à ce voyage pour rentrer en France. Vous avez été un certain nombre à faire un lien entre cet incident et notre démotivation si soudaine, il n'en est pourtant rien !

Cette expérience a beau avoir été extrêmement désagréable, nous étions avertis et nous nous y attendions. En fait c'est la semaine précédente, avec notre copain Xouillet, que nous avons mis les choses à plat concernant nos envies de voyage. Nous évoquions les difficultés de la vie de nomade, il évoquait les difficultés de la vie d'expatrié et nous nous sommes rendu compte que nos difficultés étaient semblables. Nous avions les mêmes nostalgies, les mêmes sentiments de culpabilité lorsque nous songions à rentrer alors que nous étions censé vivre le rêve de beaucoup d'autres. Alors ensemble nous avons sondé nos envies profondes, nos motivations, nos attentes...

De notre côté il en est ressorti que ce voyage, aussi riche et joyeux soit-il, est trop long. Pas pour les enfants qui s'adaptent merveilleusement bien, mais pour Benoît et moi qui sommes tout simplement fatigués de voyager. Nous adorons bourlinguer mais nous avons aussi besoin de nous ressourcer en retrouvant nos repères, nos amis, nos familles, nos boulots... Notre vie française, tout simplement. Nous ne sommes pas nomades dans l'âme ! Il devient donc évident de commencer à réfléchir à notre retour en France d'ici quelques mois. Ce n'est pas une décision facile à prendre et nous passons par des montagnes russes émotionnelles, mais petit à petit le brouillard se dilate et les réponses se font plus évidentes.

BolivieBolivie
BolivieBolivie
BolivieBolivie
BolivieBolivie
BolivieBolivie
BolivieBolivie

Pourquoi décider de rentrer plus tôt ?

C'est difficile de poser des mots sur les sentiments contradictoires qui nous habitent en ce moment. Aujourd'hui plus que jamais en ce qui nous concerne choisir c'est renoncer. Renoncer à découvrir des lieux mille fois rêvés et tout juste frôlés du doigt. Juste pour un temps. Le temps de reprendre notre souffle avant un prochain grand voyage en famille. Car s'il y a bien une chose dont nous sommes sûr, c'est que nous avons attrapé le virus du voyage au long cours ! Juste un peu moins long peut-être. Trois mois, six mois, huit mois ? Et puis après on rentre à la maison retrouver nos repères et reprendre notre souffle. Avec l'espoir de repartir encore et toujours. Il ne faut pas perdre de vue que ce voyage n'est pas une fin en soi, c'est, j'espère, juste le premier d'une longue série ! Bref, je m'égare. Je vais donc essayer de lister un peu les raisons qui nous amènent à prendre une décision qui pourrait paraître soudaine mais qui n'est finalement que le fruit d'une longue réflexion de notre part.

[1]

Nous sommes épuisés, vraiment. Nos nuits sont agitées et en pointillées depuis que nous sommes parents, notre capital fatigue était donc déjà élevé au départ, ça ne s'est pas arrangé en voyageant ! D'autant qu'on ne sait pas se coucher tôt puisque les soirées sont notre seule récréation. Qui dit fatigue dit envie de douillet, de cocon, de connu, de réconfort, de tranquillité... de chez nous.

[2]

Nos enfants sont trop jeunes pour jouer sans surveillance, si on détourne le regard, Gaspard s'est fait la malle. Nous sommes donc toujours en alerte dans notre rôle de parent, sans relais possible de la part de notre entourage. À la longue c'est difficile de ne jamais pouvoir souffler vraiment. On ne peut pas dire à Charlie et Gaspard "Allez jouer dehors, autours du camping-car et revenez dans une heure !", ni "Vous restez au camping-car, on va boire un verre au café d'en face.", ils sont encore trop petits.

[3]

À la longue, la vie en camping-car nous pèse. Baloo est vraiment chouette mais on ne va pas se mentir, les contraintes liées au nomadisme (trouver un bivouac sympa, de l'eau, une laverie, où vider les toilettes sèches, réparer la pompe à eau... il y a toujours quelque chose qui va de travers à un moment ou à un autre !) mais aussi le manque d'espace et de confort sont autant de choses que l'on a envie de mettre de côté après ces longs mois de voyage. Un vrai lit dans une vraie chambre avec une vraie salle de bain et une vraie cuisine et un vrai salon et un vrai jardin et... Tu vois le truc ?

[4]

Les pistes d'Amérique du Sud sont parfois trop difficiles pour notre vieux Baloo. Nous ne sommes jamais sûr de passer, ce qui engendre régulièrement des tensions lorsque nous roulons. Par tension, je veux dire que tous nos muscles sont tendus, je ne parle pas de disputes ;) Par exemple aujourd'hui nous avons dû traverser plusieurs gués au pifomètre, nous avons dû rebrousser chemin sur une piste de montagne (une pente raide en marche arrière) et emprunter une autre piste sans être sûr qu'elle nous mène à bon port (elle nous a mené à bon port, ouf). C'était magique, magnifique, splendide, génial et plutôt stressant. L'ambivalence du voyage.

[5]

C'est toujours un peu angoissant lorsque Baloo a des soucis de santé dont nous ne comprenons ni le pourquoi, ni le comment. Jusqu'à présent chaque problème a pu être réglé par un garagiste mais nous ne savons jamais quand ni où la prochaine tuile va nous tomber dessus et cette donnée du voyage ne nous amuse pas du tout. Ces soucis sont normaux puisqu'il roule tous les jours dans des conditions difficiles mais ça n'en reste pas moins pesant. Par exemple hier Benoît trouvait que les freins faisaient un bruit bizarre, nous sommes passés chez un garagiste histoire de nous rassurer avant de reprendre les grosses routes/pistes de montagne. Il se trouve que les freins étaient complètement usés et devaient être changés. Ouf, juste à temps !

[6]

Moi, gourmande ? Peut-être... Je suis vraiment très en manque de chocolat, de gâteaux et de tout ce qui est sucré, bon et fait maison... En Amérique du Sud tu oublies le chocolat et les bonnes pâtisseries ou viennoiseries, c'est tellement rare ! Ça aussi à force ça pèse un peu dans la balance (d'ailleurs il paraît que j'ai maigri ;) ).

[7]

Où sont nos proches ? Nos copains, nos familles ? Les soirées à rallonge devant une bonne bière ? Ça c'est vraiment le plus difficile pour nous qui avons habituellement une vie sociale très active. Benoît et moi nous entendons très bien, on adore nos enfants, on fait de très belles rencontres en voyage mais hey... C'est vraiment pas pareil. Et là ça commence à faire long !

Bolivie BolivieBolivie Bolivie BolivieBolivie BolivieBolivie Bolivie BolivieBolivie BolivieBolivie Bolivie BolivieBolivie

La décision qui soulage

Si nous avons très facilement accepté toutes ces contraintes pendant les premiers mois du voyage, aujourd'hui elles nous pèsent de plus en plus et nous sentons que nous avons de moins en moins de ressources pour faire face aux coups de mou. Nous continuons à prendre beaucoup de plaisir à découvrir les lieux fantastiques que l'on croise (non mais regardez-moi ces paysages complètement dingues !), à rencontrer les habitants des régions que l'on traverse, à goûter les spécialités locales avec curiosité... Mais le soir quand vient l'heure de se coucher nous ne rêvons que de rentrer à la maison (comment ça on a plus de maison ?) (rooooh hein bon façon de parler).

Ce premier grand voyage touche donc doucement mais sûrement à sa fin et c'est avec le cœur plus léger d'avoir pris cette décision que nous allons essayer d'en savourer chaque instant ! On vous embarque pour la suite ?

Bolivie BolivieBolivie BolivieBolivie BolivieBolivie BolivieBolivie BolivieBolivie

Commenter cet article