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La terre, la poussière et la machine à laver

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ESTONIEESTONIE

Nos deux enfants n’ont jamais été aussi libres de jouer à l’extérieur. Ils n’ont jamais été aussi sales non plus ! Jusqu’à présent Charlie avait surtout connu les squares parisiens quand j’en avais le courage et les places dallées, bitumées, carrelées, parquetées, pavées lors de nos nombreuses vadrouilles en ville ou dans les musées… Parfois un jardin chez les amis ou la famille mais personne ne la laissait libre de jouer seule pendant des heures dans la terre. Nous étions un peu trop civilisés pour y songer.

Heureusement pour nos loustiques, notre environnement a changé et lors de notre parenthèse de six mois à Damgan, nos virées à la plage avaient déjà un peu ce goût de liberté. Charlie vaquait à ses occupations et nous la laissions tremper ses manches, ses petites fesses et ses pieds dans les flaques sans aucun scrupules, sous les commentaires parfois indignés de certaines grands-mères de passage : « Mais ! Tes chaussures vont être mouillées ! Et ton manteau tout sale, que va dire ta maman ! » (mince, la belle affaire ! Maman vous entend, elle est là et elle laisse faire… et d’ailleurs cette semaine c’est papa qui s’occupe de la lessive. Où va le monde !). Jamais elle ne s’est plainte du froid de l’eau quand elle se faisait surprendre par une vague pourtant glaciale. Jamais elle ne s’est plainte du sable mouillé qui collait à son pantalon humide quand elle jouait accroupie dans les flaques. Elle était absorbée et heureuse. D’ailleurs nous aussi, il faut dire que nous avions une copine sacrément utile qui nous sauvait la mise : la machine à laver.

Depuis notre départ nous peinons à trouver des laveries, elles sont souvent rares ou inexistantes. Dans certains pays nous devons alors trouver un camping avec machine, ce qui n’est pas toujours évident non plus, ni bon marché. Le pire étant les pressings et leur service à la pièce qui ruinerait notre budget. Nous les fuyons autant que possible (sauf pour l’urgence couette de Charlie en Pologne qui nous a valu une très belle rencontre !).

Les enfants portent donc leurs vêtements plusieurs jours, même quand les tâches s’invitent. Les pantalons ont rapidement les genoux grisés, leurs chaussettes sont pleines de sable et les hauts en tout genre sont régulièrement parsemés de petites gribouilles discrètes. Je garde de côté ceux qui sont sales mais pas trop en prévisions de leurs futurs jeux salissants et je tente de les rendre présentable du mieux possible lorsque nous nous rendons en ville. Pour le reste nous lâchons du leste ! Et lorsque les placards sont à l‘agonie et que nos réserves de linge ne suffisent plus à nous habiller correctement nous nous mettons à la recherche de sa sainteté la machine à laver. Et quand enfin nous croisons le Graal, nous opérons une véritable razzia dans le camping-car ! Nous nous retrouvons alors avec un gros, très gros tas de linge sale car ne sachant pas quand aura lieu notre prochaine rencontre avec une machine à laver, tout ce qui a été utilisé de près ou de loin y passe !

Bref, tout ça pour en arriver à ce constat : nos enfants n’ont jamais été aussi libres, nos enfants n’ont jamais été aussi sales ! Cuisiner des tartes au sable, construire des châteaux de terre, se laver les mains avec de la poudre de perlimpinpin, patouiller, bidouiller, essayer, sentir, toucher, goûter... Régulièrement je les retrouve avec des mains noires de poussière ou de terre et le visage barbouillé par leurs petits doigts. Ils ont le sourire qui déborde de leur visage et parfois la morve au nez. Leurs vêtements sont dans un état lamentable mais… Je crois que c’est ça aussi… le bonheur :)

ESTONIEESTONIE

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