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Cabo Polonio

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Lors de notre séjour à Montevideo, il y a quelques mois, des argentines nous avaient parlés de cet endroit un peu magique où elles devaient se rendre. Un village de bord de mer un peu hors du monde sans eau courante ni électricité. Auparavant, une lectrice m'avait écrite pour me conseiller ce même lieu alors l'envie d'y faire un saut me titillait ! Ni une, ni deux, dès que l'occasion s'est présentée nous avons roulé loin de la ville, de la foule et du bruit, cap vers le Nord. Cap vers Cabo Polonio !

Sauf que.

Impossible de se garer à proximité de ce petit village hippie. Et c'est bien ce qui fait sa particularité ! Il n'y a tout simplement pas de route pour y accéder, seuls des chemins de sable, qu'empruntent quelques 4x4, traversent cette superbe zone naturelle protégée. Nous décidons de nous garer dans un village un peu plus conventionnel mais tout aussi charmant à quelques kilomètres de là. Huit pour être exacte ! Un bras de rivière à traverser et huit kilomètres de marche sous le soleil et dans le sable. Pourquoi suis-je si précise ? Car dans notre belle insouciance nous décidons de franchir la distance à pieds et de faire l'aller-retour dans la journée. Et quelle aventure !

[ Début de soirée. Un couple d'amoureux est allongé sur le sable, leurs deux enfants jouent dans les environs avec des ballons empruntés ici et là. Le soleil va bientôt se coucher et après une journée de farniente et de baignade les deux amoureux s'organisent... ]

"On part tôt demain matin, on marche quelques heures, en plus on croisera sans doutes des phoques sur la plage (selon le témoignage d'autres voyageurs venus à la même période) (hiii! ), on apercevra peut-être des dauphins (toujours selon l'expérience d'autres voyageurs) (hiii !), on mange, on visite le village, on se baigne et puis on rentre !"

"Ça marche ! On va être un peu fatigués mais ça va le faire."

"Grave !"

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Une mer de sable

Première étape, traverser la rivière ! Nous décidons d'emprunter un petit bateau afin de rester au sec. Nous souhaitons garder nos forces pour la suite et puis avec les enfants et notre gros sac à dos c'est tout de même plus prudent ! D'autres marcheurs choisissent de s'enfoncer dans l'eau jusqu'aux épaules pour traverser l'embouchure. Nous les avions observés la veille au couché du soleil, il formaient un joli cortège avec leurs effets sur la tête.

Trois minutes plus tard nous avons de nouveau les pieds dans le sable, mais de l'autre côté de la rivière. Quelques papouilles aux chevaux et nous partons à l'assaut des collines. C'est amusant d'apercevoir au loin la plage où nous avons passé des heures à jouer la veille ! Les paysages sont splendides et les trois premiers kilomètres sont amusants. Nos pieds s'enfoncent légèrement dans le sable, le soleil caresse notre peau, la brise est douce. Pendant que Charlie nous suit du mieux qu'elle peut sur ses petites jambes, vaillante, Gaspard observe les alentours avec curiosité, confortablement harnaché dans mon dos. Benoît et moi savourons notre plaisir, on est vraiment heureux d'être là, tout de suite, maintenant. La vue en haut des dunes est superbe et nous nous régalons de tout ce sable qui s'étend devant nous ! On se croirait presque dans un désert, avec le bruit rassurant de des vagues en plus.

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La folie douce

Ça y est, le soleil tape fort. La légèreté du sable contraste avec la lourdeur de nos pas. Charlie commence à râler et Gaspard s'est endormi tout contre moi après une pause tétée bien méritée. La mer semble infiniment loin, cachée par les dunes. Nous pourrions la longer en suivant ses courbes et ses détours mais l'idée de marcher plus que nécessaire ne nous amuse pas du tout et nous préférons couper à travers ce petit désert. Le paysage nous rend muet, à moins que ça ne soit la chaleur. Toujours est-il que nous avançons doucement mais sûrement dans cette nature merveilleuse et hostile. Il est temps pour nous d'installer Charlie dans son porte bambin, notre courageuse exploratrice a fait de son mieux et ne veut plus marcher. Benoît s'harnache donc et elle s'abandonne dans un sommeil réparateur.

Nous ne sommes plus que tous les deux dans le silence de cette immensité avec nos charges sur le dos. Au loin nous apercevons de nouveau la mer. Plus loin encore nous distinguons Cabo Polonio. Les enfants pèsent une tonne et chaque nouveau pas est un peu plus difficile que le précédent mais l'idée de plonger bientôt nos pieds dans l'eau fraîche nous aide à avancer. On aura bientôt fait la moitié du chemin !

Seulement la moitié ? Argh.

Ça y est ! Nous marchons les pieds dans l'eau. Je n'ai plus le courage de parler, ni de photographier quoi que ce soit, je me contente de marcher juste devant Benoît. La pente de la plage rend la progression difficile mais le plaisir d'avoir retiré les chaussures associé à la fraîcheur de l'eau rend les derniers kilomètres supportables. En guise de phoques nous ne croisons qu'une dizaine de cadavres fraîchement échoués ainsi qu'une multitude de peaux de bébés tannées par des années de vent, de soleil et de pluie. Nous côtoyons la mort de près et les réflexions qui en découlent ne sont pas très réjouissantes. Chacun s'enfonce dans un mutisme confortable. De temps en temps nous croisons d'autres fous, comme nous et au loin les contours du village se précisent. Les minutes semblent des heures, les heures s'étirent. Ouf ! Plus que quelques longues minutes et nous pourrons nous écrouler dans le sable, morts de fatigues mais heureux !

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Erghhh

Les dernières enjambées sont les plus longues. Les enfants sont réveillés et courent devant nous, heureux de gambader de nouveau librement. Nous avons remis nos chaussures pour pouvoir les suivre sur le sable chaud. Ils passent devant une carcasse et enjambent quelques peaux à demi enfouies dans le sable sans même s'en rendre compte. Je ne sais pas pourquoi mais ça m'amuse. Nous sommes tous les quatre affamés et écrasés par la chaleur. Benoît et moi sommes épuisés ! Après ces longues heures de marche dans le sable, il est grand temps pour nous de manger, de boire beaucoup, de nous baigner et de visiter le village avant de songer au retour ! Hein ? Quoi ? Le retour ? MAISÇAVAPASLATETE ?!

Pas beaucoup d'images de ce joli village, je n'ai plus la force de me déplacer pour trouver le bon point de vue, pour me mettre à hauteur d'enfant ou pour réfléchir aux images que je veux emporter avec nous. Je zone les yeux grands ouverts et les pieds récalcitrants. J'aimerai faire ma curieuse et visiter tous les recoins de cet endroit charmant mais je n'en ai pas du tout le courage ! Les petites maisons de bric et de broc toutes simples nichées dans les dunes sont adorables, le confort y est sommaire mais c'est secondaire ici. Les gens sont visiblement détendus et heureux d'être là pour savourer le temps qui semble s'étirer. Une ambiance particulière d’ode à la vie règne ici et chacun vaque à ses occupations au ralenti. Se baigner, flâner, manger, discuter à l'ombre dans un esprit bon enfant et se déconnecter un peu du reste du monde. Je suis contente d'être là et regrette de n'avoir pas pu emporter Baloo dans mon sac histoire de rester quelques jours sur place !

Devant notre jus d'orange fraîchement pressé (et hors de prix, hein, business is business tsss), à l'ombre d'une toile tendue nous sommes au paradis. Cependant une épineuse question nous turlupine avec Benoît... Aurons-nous le courage de rentrer jusqu'à Baloo ? Comment allons-nous faire avec Charlie et Gaspard ? Impossible d'imaginer dormir à la belle étoile avec eux sans un minimum de matériel et l'idée d'un retour à pieds nous semble une véritable torture. Des idées ?

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