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André, Enrique et un hôtel euh...

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Montevideo

Petit détour par l'hôtel

Baloo a du retard. En soi ce n'est pas grave mais ça implique de devoir squatter à droite à gauche encore quelques jours et ça devient pesant pour tout le monde. Notre hôte airbnb a prolongé autant que possible notre séjour chez lui mais il va nous falloir trouver une autre solution pour les quatre dernières nuits. Nous avons envoyé des demandes d'hébergement sur couchsurfing et airbnb mais les réponses tardent à arriver et nous devons trouver une solution bon marché en urgence. En fouillants les méandres d'internet, Benoît fini par tomber sur un petit hôtel pour 26€ la nuit à quelques blocs de notre logement. Chouette !

Ici on parle de blocs pour se repérer dans la ville qui est organisée de manière assez régulière en... blocs. C'est très pratique lorsque tu cherches un commerce spécifique dans un quartier car la réponse des habitants est quasi systématiquement "Tu avances de x blocs, tu tournes à droite/gauche et tu marches encore x blocs.". On est loin de la géographie française "Tu marches jusqu'à la poste et là tu tournes à droite, ensuite tu passeras devant une boulangerie, surtout ne tourne pas ! Marche encore trente mètres et là tu iras à gauche. À l'embranchement tu ne prends pas celle qui va tout droit mais plutôt celle qui tourne un tout petit peu vers la droite. Normalement tu devrais passer devant un coiffeur. À moins que ça ne soit le boucher ? Bref. Après demande à nouveau ton chemin, ça sera plus simple !"

Bref. Un hôtel, donc. À moins que ça ne soit une chambre d'hôte, un pensionat, un... Un endroit rustique, désuet et même charmant au premier coup d'œil ! Niché dans une maison tout ce qu'il y a de plus typique à Montevideo, nous sommes ravis et posons nos valises avec enthousiasme ! On s'appercevra rapidement par la suite que le lieux est assez mal entretenu et plutôt crado dans le détail, le propriétaire ne se souciant visiblement pas beaucoup de sa clientèle et de son unique employée. La vieille dame travail sept jours sur sept, vingt-quatre heure sur vingt-quatre et dort dans une chambre au dessus de la cuisine qu'elle partage avec nous -comme les sanitaires d'ailleurs-. Elle n'a donc quasiment aucune intimité et travail dans des conditions spartiates. Ceci explique peut être son air revèche du matin au soir ? Cette dame nous donne l'impression de la déranger quoi qu'on fasse alors nous prenons rapidement le parti de l'ignorer aimablement. Charlie la surnommera "la dame qui regarde la télé" pour vous donner une idée de son unique occupation de la journée entre une machine à laver et deux coups de balai.

Le sketch du petit déjeuner ultra minimaliste (trois tartines pour quatre dans une assiette commune ça fait chuchotter lorsqu'elle a le dos tourné !), de la salle de bain unique avec toilettes intégrés pour douze (ton envie pressante du matin, tu la soulageras à midi ma chérie), de la propreté un peu douteuse des lieux, du caractère bougon de la dame... favorise efficacement l'entente de tous les locataires, fait naître des sourires en coin, des airs entendus, des haussements d'épaules amusés et finalement de bien jolis moments dans ce drôle d'hôtel !

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André

C'est dans ce contexte que nous rencontons André, un ancien de la NASA qui profite d'une retraite bien méritée pour voyager à travers l'Amérique du Sud. Cet américain aux origines diverses parle parfaitement français et nous accueille dans sa bulle avec beaucoup d'enthousiasme et de bienveillance. Nous discutons pendant des heures de notre pratique du zéro déchet qui l'intéresse beaucoup. Il nous raconte ses nombreux voyages et partage ses bons plans pour visiter Montevideo. Les enfants se prennent d'affection pour lui et passent beaucoup de temps dans ses pattes et sur ses genoux à raconter des histoires, notre voyage et lire des livres...

Alors que je lui raconte nos difficultés pour faire accepter notre refus des emballages aux commerçants, André me propose de traduire une petite phrase expliquant succintement notre pratique de zéro déchet. Je l'ai notée sur mon carnet et elle me sert quasiment tous les jours pour faire mes courses. Désormais lorsque je sens une réticence, un étonnement, une hésitation face à ma demande j'attrape mon carnet que je brandis sous les yeux du vendeur. J'obtiens systématiquement un sourire, un hochement de tête et ça règle le problème. C'est même plus simple qu'en France où les commerçants sont parfois tentés de discuter ma pratique (ça va salir votre sac, vos mains, mais regardez c'est recyclable, c'est gratuit...). C'est tout bête mais ça a changé mon quotidien, merci André !!

"Nous ne voulons pas d'emballage jettable s'il vous plaît. Nous essayons de réduire nos déchets pour préserver l'environnement. Merci pour votre aide !"
"Por favor no empaques deschables. Tratamos de reducir nuestros desechos para no dañar el medio ambiente. Gracias por su ayuda !"

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Enrique

Il est assis sur une chaise en train de boire un coca en papotant gaiement avec la tenancière de l'épicerie lorsque Gaspard passe devant lui. Enrique lui fait coucou en lançant un "Holà !" enthousiaste. Gaspard se retourne, s'approche, répond " 'lla !" avec un signe de la main. Enrique rit et tend sa grosse paluche de travailleur. Gaspard lui donne son caillou numéro un. Enrique le lance en l'air et le rattrape de l'autre main. Gaspard lui tend son caillou numéro deux. Une amitié est née !

"Et sinon vous venez d'où ? Et que faites-vous à errer dans ce quartier ?"

Nous sommes à la recherche d'une boutique pouvant nous vendre une bande rouge fluorescente, un triangle de signalisation, un gilet jaune et un macaron 90km/h pour mettre le camping-car en règle avant de retrouver Baloo et de prendre la route direction l'Argentine. Enrique se propose de nous embarquer dans sa voiture pour nous aider à trouver les perles rares. J'hésite une demi seconde pour une question de sécurité, il n'a pas de sièges auto. Mais la proposition est tentante et nous acceptons son aide précieuse. Quelle bonne idée ! Nous ne faisons pas moins de six magasins différents pour remplir nos objectifs en parcourant la ville en long, en large et en travers ! Merci pour ton coup de pouce Enrique !

Quoi ! Monter en voiture sans siège auto pour les enfants ? Maisvousêtesfou ! Ici les normes de sécurité sont très souples, c'est surprenant pour les français que nous sommes. Beaucoup d'enfants voyagent sur les genoux de leurs parents ou assis sans ceinture à l'arrière du véhicule. Nous croisons des pick-up plein transportant des gens sur la plateforme arrière. Les motards n'ont pas souvent leur casque et lorsque c'est le cas il n'est pas souvent bouclé. Nous ne le savons pas encore mais dans la campagne nous croiserons un gand nombre de motards transportant un ou deux enfants sans casque et bien souvent de l'âge de Gaspard et Charlie. Gloups.

Une fois notre mission accomplie, Enrique propose de nous faire visiter un lieu dont il est plutôt fier : de magnifiques halles récemment rénovées qui font office de centre commercial. Nous y passons un moment à discuter, laisser jouer les enfants et goûter des spécialités locales que l'on connaît déjà... juste pour être bien sûr !

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